Nutrition

Samedi 23 juin 2012 6 23 /06 /Juin /2012 07:51
La supplémentation en calcium (Ca) augmenterait le risque d’infarctus du myocarde (IM) et d’AVC selon les conclusions de 2 méta-analyses d’études cliniques récentes. Par contre lorsque la source du Ca est alimentaire, un effet bénéfique sur certains facteurs de risque cardiovasculaire est rapporté (HTA, diabète de type 2), sans pour autant se traduire, semble-t-il, par une baisse de la mortalité par maladies cardiovasculaires (MCV). La source du Ca serait-elle un élément clé dans l’incidence des MCV ? L’objectif de cette étude prospective à grande échelle était d’évaluer l’association entre l’apport total en calcium, sous forme alimentaire ou par supplémentation, et le risque d’IM, d’AVC ou encore de mortalité CV globale. L’apport total en Ca ainsi que sa source (alimentaire ou par suppléments) ont été déterminés à l’aide d’un questionnaire remis en début d’étude aux 23 980 participants, âgés de 35-64 ans et sans antécédents CV, issus de la cohorte allemande Heidelberg. Le modèle multivarié de Cox a permis d’estimer les rapports de risque (Hazard Ratio HR) et les intervalles de confiance (IC95 %). Au cours d’un suivi de 11 ans, 354 IM, 260 AVC ainsi que 267 décès par  MCV ont été documentés. Les résultats montrent une absence d’association entre l’apport en Ca alimentaire et le risque d’IM, d’AVC et de mortalité par MCV (p pour la tendance non significatif). Par contre ceux qui utilisent une supplémentation en Ca ont un risque d’IM plus important que ceux qui n’en utilisent pas (HR=1,86; IC95 % : 1,17 à 2,96). Ce risque est encore plus élevé chez ceux qui utilisent une supplémentation contenant uniquement du Ca (HR=2,39; IC 95 % : 1,12 à 5,12). Les auteurs concluent que l’apport en Ca d’origine alimentaire ne semble pas fournir une protection sur le plan CV mais par contre ils confirment que la supplémentation en Ca peut augmenter le risque CV et devrait donc être utilisée avec précaution. Par quel mécanisme la supplémentation en Ca peut-elle augmenter le risque CV ? Les auteurs pensent que le « pic » de la calcémie à la suite du « bolus » induit par la supplémentation en Ca accélérerait le processus d’athérogénèse. Le Ca d’origine alimentaire, absorbé de façon plus lente et progressive dans la journée, ne provoque pas par contre de changements importants au niveau de la calcémie. Sur le plan pratique il faut favoriser l’apport alimentaire ( brocoli, choux, certaines eaux minérales riches en Ca…) sinon utiliser une supplémentation faiblement concentrée en Ca et fractionner la dose globale sur la journée. Dr Rodi Courie LI K et coll. : Associations of dietary intake and calcium supplementation with MI and stroke risk and overall CV mortality in the Heidelberg cohort of the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Study (EPIC-Heidelberg). Heart, 2012; 98: 920-925. Copyright © http://www.jim.fr
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Mardi 19 juin 2012 2 19 /06 /Juin /2012 11:00
« Alimentation, comment l’industrie nous manipule » : « Excès de graisse, de sel, de sucre, risques liés aux polluants chimiques… », l’industrie agroalimentaire « dispose de puissants lobbys, actifs auprès des pouvoirs publics ». « Dans la lutte contre l’obésité et la malbouffe, la bataille fait rage » " en France, le nombre d’adultes obèses a quasi doublé en 20 ans. Pire : entre 3 et 17 ans, près d’un enfant sur 5 est déjà en surpoids. Et si rien ne change, 1 sur 3 le sera en 2020. Or rien ne change, ou si lentement ! ». « 10 ans après le lancement du Programme national nutrition santé, […] le lobby de l’industrie a certes lâché du lest, mais contraint et forcé. Il aura fallu plusieurs années de bras de fer avant que les distributeurs de confiseries disparaissent, enfin, des écoles. Idem pour la taxe sur les sodas, appliquée depuis le 1er janvier après moult tergiversations ». " on attend toujours une décision sur le bisphénol A. […] Pas d’avancées non plus concernant l’acrylamide retrouvée dans chips et biscuits, ou encore l’aspartame, soupçonnées d’être cancérigènes. Il y a urgence pourtant ». « publié en mars par le collectif citoyen Réseau environnement santé, un rapport révèle que ces toxiques favorisent l’obésité et le diabète ». : « Contrairement aux laboratoires pharmaceutiques, les fabricants alimentaires n’ont pas vécu de séisme du type Mediator. Mais ils doivent composer avec les mêmes citoyens, qui écoutent désormais les lanceurs d’alerte et réclament une infirmation loyale, voire contribuent à la produire. […] Le meilleur moyen, sans doute, de soutenir une recherche indépendante. Et de contrer, au passage, les tentatives de manipulation ». L'Express publie un entretien avec Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires, qui déclare : « Ne prenons pas les consommateurs pour des idiots ! […] Il n’y a pas de bons et de mauvais produits. Ce qui compte, c’est la quantité et la fréquence auxquelles ils sont consommés ». Le magazine se penche en outre sur ces « formules tout sauf magiques », notant que « les promesses [de bénéfice sanitaire] se sont multipliées ces dernières années sur les emballages. Il était temps de rétablir la vérité. L’Europe s’y attelle ».
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Samedi 16 juin 2012 6 16 /06 /Juin /2012 07:51
Bienfaits et dangers relatifs des acides gras (AG) saturés (AGS) et des AG oméga 6 font toujours l’objet de débat. Ces derniers sont généralement considérés comme cardioprotecteurs, notamment par le biais de leur effet hypocholestérolémiant tandis que les AGS sont réputés pour leur effet hypercholestérolémiant. Mais le rôle possiblement pro-inflammatoire voire adipogénique des oméga 6 a été également évoqué, si bien que certains experts proposent d'en limiter la consommation. Un essai clinique réalisé par Bjermo et al. apporte des données rassurantes et conclut même en faveur des oméga 6, en particulier quant aux risques d'hépatopathie métabolique dont on connaît la fréquence élevée chez les sujets ayant une surcharge graisseuse viscérale et/ou une insulinorésistance. Des adultes (n=67) ayant une obésité abdominale (tour de taille>88 cm pour les femmes, >102 cm pour les hommes) ont été randomisés en deux groupes : suivi d'un régime enrichi en oméga 6 (notamment sous forme d'huile, de margarine et de graines de tournesol) ou d'une alimentation ayant la même teneur en graisses mais plus riche en AGS. Un total de 61 sujets a été suivi pendant dix semaines. L'apport calorique total, la proportion des macronutriments et le niveau d'activité physique ne devaient pas être modifiés au cours de l'étude. L'objectif principal était d'évaluer l'impact des deux régimes alimentaires sur la teneur en graisse hépatique mesurée par IRM et par spectroscopie RMN. Les résultats suggèrent l'existence d'un effet bénéfique des oméga 6 : la graisse intrahépatique a significativement diminué dans le groupe oméga 6 comparativement au groupe AGS. Alors que le poids n'a pas varié de façon différente entre ces deux groupes, la réduction de masse grasse dans le foie avec les oméga 6 était similaire à celle qui est observée au cours de régimes hypolipidiques ou hypocaloriques, ou encore lors d'une perte de poids modérée. En outre, alors qu'il n'a pas été noté de différence dans l'évolution du poids entre les deux groupes, le rapport graisse viscérale/graisse sous cutanée et certains paramètres inflammatoires (IL-1RA, TNF-R2) ont évolué favorablement dans le groupe oméga 6 par rapport au groupe AGS. D'autres facteurs inflammatoires et marqueurs du stress oxydant et l'expression hépatique de certains gènes du métabolisme lipidique et de l'inflammation n'ont pas évolué de façon différente entre les deux groupes. Enfin, les auteurs ont noté une réduction de la concentration circulante de PCSK9 (une protéine qui inhibe l'expression du récepteur LDL) chez les sujets du groupe oméga 6 par rapport au groupe AGS, ce qui pourrait expliquer, en partie, la réduction du LDL-C favorisée par la consommation d'oméga 6. Cette étude ne confirme pas les craintes concernant l'effet pro-inflammatoire des oméga 6 chez l'homme. Ces AG semblent au contraire plus favorables que les AGS pour éviter l'hépatopathie métabolique. Les auteurs pensent même que leurs résultats pourraient être encore plus marqués chez des patients ayant déjà une surcharge graisseuse hépatique, ce qui n'est pas le cas dans la population étudiée ici. On remarquera dans cette étude l'absence de description rigoureuse des apports alimentaires  initiaux, notamment en AGS et en oméga 6. Cela limite la portée des résultats. En outre, ces derniers méritent d'être confirmés à long terme avant de pouvoir affirmer avec certitude qu'il faut augmenter les apports en oméga 6 en cas d'hépatopathie métabolique. Dr Boris Hansel 30/05/2012 Bjermo H et coll. : Effects of n-6 PUFAs compared with SFAs on liver fat, lipoproteins, and inflammation in abdominal obesity: a randomized controlled trial. Am J Clin Nutr., 2012; 95: 1003-12.
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Mardi 12 juin 2012 2 12 /06 /Juin /2012 08:15
L’obésité a été identifiée comme un facteur pouvant majorer l’expression de la dermatite atopique chez l’enfant. Une étude réalisée à New-York rétrospective et de type cas-témoin a cette fois porté sur 2 090 adultes pour lesquels les relations entre le poids et la taille et les résultats aux pricks tests auxquels ils avaient été soumis entre 1994 et 2003 ont été examinées. Le résultat de cette analyse montre une association significative entre dermatite atopique et obésité (Odds ratio ajusté 1,43 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,08-1,89 ; P=0,01), alors qu’aucun lien de ce type n’est retrouvé chez les patients présentant une dermatose non atopique. L’obésité est également associée à l’asthme atopique (p inférieur à 0,0001) mais non avec l’asthme non atopique, les rhinoconjonctivites atopiques ou non ou encore l’allergie alimentaire. Le rôle de l’obésité dans la dermatite atopique pourrait être sous tendu par une altération de la distribution des leucocytes, de leur activation et de leur trafic ainsi que par l’effet sur les cytokines pro-inflammatoires, constatés dans ce contexte. Des observations qui devraient conduire, le cas échéant, à préconiser aux sujets adultes atopiques de s’efforcer de perdre du poids. Dr Patrice Plantin 05/06/2012 Silverberg JI et voll. : Association between atopic dermatitis and obesity in adulthood. Arch Dermatol., 2012 ;160 :498-504
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Samedi 9 juin 2012 6 09 /06 /Juin /2012 22:57
Alors que le nombre d'accouchements par césarienne est en augmentation dans de nombreux pays, une équipe américaine sème le doute en évoquant un éventuel lien entre ce mode d'accouchement et l'obésité infantile. Selon une étude conduite par Susanna Huh (hôpital pédiatrique de Boston), publiée le 23 mai sur le site Internet de la revue Archives of Disease in Childhood (en anglais), le taux d'obésité à l'âge de 3 ans est deux fois plus élevé chez les enfants nés par césarienne (15,7 %) que chez ceux nés par voie basse (7,5 %).

Ces dernières années, plusieurs études ont trouvé un risque accru d'allergies (asthme, rhinites...) chez les bambins issus de césarienne. L'association tiendrait au fait que l'acquisition de la flore intestinale (microbiote) au début de la vie et son profil diffèrent selon que le bébé a été au contact de la flore maternelle lors de son passage par les voies génitales ou qu'il a été extirpé par césarienne. En revanche, très peu de chercheurs ont exploré l'influence du mode d'accouchement sur le poids.

Une étude chinoise portant sur un effectif de 160 enfants, publiée en 2011 dans l'European Journal of Pediatrics, avait cité la césarienne comme l'un des facteurs de risque d'obésité infantile. Des auteurs brésiliens ont observé un taux d'obésité à l'âge adulte multiplié par 1,5 chez des individus nés par césarienne (American Journal of Clinical Nutrition, 2011).

MICROBIOTE INTESTINAL

Susanna Huh et son équipe ont recruté, entre 1999 et 2002, des milliers de femmes enceintes dans le cadre d'une cohorte materno-infantile. Les analyses ont porté sur 971 enfants nés par voie vaginale et 284 issus de césarienne. A l'âge de 3 ans, 15,7 % de ces derniers (44 sur 284) répondaient aux critères de l'obésité, la proportion s'élevant à 7,5 % dans l'autre groupe (72 sur 971). L'association reste significative en tenant compte de facteurs de confusion tels que le poids maternel et le poids de naissance, soulignent les chercheurs. Selon eux, l'explication est peut-être, comme pour l'excès d'allergies, à chercher du côté du microbiote intestinal puisqu'une naissance par césarienne influe sur sa composition. D'autant que de nombreux travaux pointent l'implication de ces bactéries intestinales dans le surpoids.

Il a ainsi été montré que l'intestin des individus obèses contient relativement plus de bactéries de type firmicutes et une moindre proportion de bacteroïdetes que celui des sujets minces. Cette théorie demande cependant confirmation, le microbiote des enfants n'ayant pas été analysé dans cette étude.

"Les femmes enceintes qui optent pour une césarienne en l'absence d'indication médicale devraient être averties que leur enfant peut courir un risque accru d'obésité", concluent les auteurs de l'article, rappelant qu'aux Etats-Unis le taux de césariennes a bondi de 20,7 % en 1996 à 32 % en 2007, en partie du fait d'un accroissement des demandes maternelles. Cette recommandation est cependant jugée prématurée par les scientifiques français.

"C'est une étude pionnière, menée par une équipe reconnue, qui s'inscrit dans la quête actuelle de déterminants précoces de l'obésité. Elle ouvre des pistes intéressantes, mais doit être reproduite par d'autres", estime le professeur Arnaud Basdevant (nutritionniste, hôpital la Pitié-Salpêtrière, Paris). Un avis partagé par le docteur Marie-Aline Charles, épidémiologiste (Inserm), qui coordonne plusieurs cohortes d'enfants, dont celle de l'Etude longitudinale française depuis l'enfance (ELFE). "J'ai en tête depuis quelque temps de réaliser une analyse comparable sur une cohorte française, ajoute-t-elle. C'est une démarche logique dans la mesure où l'on sait que le mode d'accouchement, tout comme l'allaitement, influence la formation du microbiote." L'épidémiologiste se dit toutefois surprise par le niveau de sur-risque observé dans la série américaine.

"CÉSARIENNES DE CONVENANCE"

Les gynéco-obstétriciens sont plus sceptiques. "Cette étude est trop peu solide pour en faire un argument contre les césariennes de convenance", réagit le professeur Yves Ville (maternité de l'hôpital Necker, Paris), très critique sur la méthodologie des chercheurs américains. Selon lui, leur publication s'inscrit dans le contexte d'une "chasse" aux césariennes d'indications non médicales, avec une culpabilisation des femmes qui les demandent et des médecins qui les acceptent. "Certes, les césariennes ont augmenté en France, mais on est partis de taux plutôt bas, note-t-il. De plus, il est prouvé qu'une césarienne planifiée ne comporte pas plus de risques pour la mère qu'un accouchement par voie basse. Les risques de complications sont surtout pour des grossesses ultérieures. On doit tenir compte du projet familial de ces femmes."

En moyenne, en France, une césarienne est pratiquée dans un accouchement sur cinq. La proportion a doublé en trente ans, mais reste bien inférieure à celle de pays comme l'Italie (38 %), le Mexique (42 %) ou les Etats-Unis. Récemment, la Haute Autorité de santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations concernant les indications des césariennes programmées pour des motifs médicaux ou sur demande de la future mère. Difficiles à quantifier, ces dernières sont de plus en plus acceptées par les obstétriciens. "La pression médico-légale qui repose sur les épaules des accoucheurs, en particulier en libéral, peut les conduire à privilégier les accouchements par voie haute", confirme le docteur Jean-Michel Dreyfus, gynéco-obstétricien à Lyon.
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